Emmanuel Boulade
Public Relations @ Alan
29 juil, Podcast

🎧 Good People #3 - Enregistrer votre propre podcast

Grégory Pouy de « Vlan » est venu nous raconter la création et l'évolution de son podcast. Puisqu'on se lance aussi, on a pris des notes !

Cassettes - comment enregistrer votre podcast Photo : Hello I'm Nik 🇬🇧 (Unsplash)

Régulièrement, on a la chance de recevoir dans les bureaux d’alan des pointures d’un milieu donné, juste pour les écouter parler, le temps d’un déjeuner. Toute l’équipe est invitée parce qu’on pense que ces connaissances sont bonnes pour tout le monde, pas juste pour nos co-fondateurs ou pour un petit cercle fermé. Et puis en lançant notre podcast Good People, on s’est dit qu’on pourrait interviewer certains de nos invités après ces déjeuners. C’est ce qu’on a fait avec Grégory Pouy, l’homme derrière le podcast Vlan - et c’est ce qui explique qu’on parle « d’invité surprise » alors que ça pourrait aussi bien être un épisode normal.

Vlan est l’un des podcasts les plus écoutés en France. Grégory nous a donc parlé de son succès, de ses erreurs et de ce qu’il ferait différemment si l’occasion se présentait. Le souci quand on écoute ce type d'interviews, c’est qu'on peut facilement se dire que le terrain est pris, qu'il est déjà trop tard et qu'on ne pourra pas les rejoindre. Alors qu'au contraire, Grégory nous dit à la fin de notre entretien qu'il s'attend à ce qu'il y ait un véritable appel d'air pour de nouveaux podcasts indépendants, dans les mois qui viennent.

Nous arrivons deux ans plus tard, nous en sommes à nos balbutiements et nous espérons pouvoir vous motiver à tenter l'aventure aussi. On va donc parler principes, matériel, conditions d'interviews et outils de publication, en mettant en parallèle ses débuts et les nôtres.

La première étape, c’est de s’y mettre

On pourrait commencer par une liste du matériel nécessaire, mais la véritable première étape, c’est d’arrêter de se dire « il me manque le bon matériel » et de se demander ce qu’on veut faire et pourquoi. Pour Grégory, le principe fondamental pour créer une relation avec une audience sur internet, c’est l’altruisme : il faut être prêt à donner avant de recevoir. Il souligne d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle 90% des podcasts d’entreprises se prendront les pieds dans le tapis ; puisque nombre d’entre elles attendent un retour sur investissement, elles ne parlent que d’elles-mêmes et cette complaisance n’intéresse personne. Le message ne nous échappe pas : nous tâcherons de ne pas tomber dans ce piège.

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Indice, chez vous.
(La cité de la peur, d’Alain Berberian, 1994)

C’est sur ce principe d’altruisme que Grégory se lance : ses deux premiers invités sont des amis, la relation est déjà établie. Il n’est pas là pour se mettre en avant : c’est eux qui sont le sujet de ces discussions. Autrement dit : avant de chercher à obtenir quelque chose de son podcast, Grégory propose ses invités au monde. Au début, ce monde est constitué de l’entourage des invités : s’il voit que leur ami ou collègue est mis en avant, il sera curieux. Si les questions sont pertinentes, si la discussion est intéressante, ce monde voudra suivre les épisodes suivants : le cercle vertueux est lancé.

Dans notre discussion, Grégory nous invite à réfléchir au public que l’on vise et à comment on pourrait l’aider. De notre côté, on a aussi commencé par les ressources qu’on avait déjà : on considère que Deborah Rippol, notre Head of Talent, est une rockstar de son milieu et que plein de gens gagneront à l’écouter parler de comment nous avons mis en place un processus qui fonctionne bien à nos yeux. Ça a donné le premier épisode. De même, on considère que la découverte d’un best-seller qui a été une pierre angulaire de notre culture d’entreprise sera mieux présenté par l’une des personnes qui a été le plus marquée par le livre - il se trouve que c’est l’un de nos co-fondateurs. On s’est dit qu’on pourrait aller plus loin en discutant de ce même sujet (les conversations difficiles) avec quelqu’un dont c’est le métier, et la combinaison de ces deux discussions a donné notre second épisode.

Les quelques suivants sont déjà planifiés ou enregistrés, mais l’intervention de Grégory est tombée à pic : tandis qu’on commence à trouver notre voix mais qu’on est encore preneurs de conseils, son recul et son expertise sont une mine d’or. Alors on s’est dits qu’on allait la partager avec vous. On a bien conscience du fait qu’on est débutants là-dedans, mais être transparent sur cette étape nous a semblé d’autant plus intéressant. Est-ce qu’il y a des gens dans votre entourage que le monde gagnerait à découvrir ?

Matériel et préparation de l’enregistrement

Grégory a commencé avec un micro branché à son téléphone et une app pour enregistrer au format .wav et son salon. C’est tout. Ce minimalisme est presque devenu une marque de fabrique pour lui, puisqu’il a eu énormément de mal à déplacer ses sessions d’enregistrement en studio lorsqu’il se l’est fait conseiller : la simplicité de son dispositif créait pour lui une intimité, une proximité plus directe entre ses invités et son public.

Donc encore une fois, ne laissez pas l’absence du matériel qu’on va lister ici être un frein à vous lancer. S’il est plus agréable d’entendre un son cristallin et impeccable que d’écouter la rencontre entre une fourchette et une ardoise, il y a probablement autour de vous des gens à qui vous pouvez emprunter un matériel suffisant pour trouver un juste milieu. Si vous avez la chance de pouvoir essayer plusieurs options en vous faisant prêter des choses, prenez le temps de faire des essais ! Dans certains cas, un bon dictaphone peut tout-à-fait faire l’affaire, au moins le temps de se lancer.

sven-brandsma-4hXTMl7m5oU-unsplash Photo : Sven Brandsma (Unsplash)

De notre côté, on a la chance d’être une start-up avec un peu d’argent, donc on a demandé à notre ingénieur du son Thomas et à Alice qui nous l’a recommandé, quels étaient les éléments essentiels dans un monde idéal. Les liens qui suivent ne sont pas sponsorisés du tout, on a juste été très contents de la prestation de chez Thomann, donc on partage. :)

  • On a optĂ© pour deux micros : un pour la personne qui anime et un pour la personne qu’elle interviewe.
  • Il nous fallait brancher ces micros Ă  notre ordinateur (dĂ©jĂ  existant), donc on a achetĂ© une carte son externe.
  • ConsidĂ©ration très concrète : il nous fallait des câbles pour brancher les micros Ă  la carte son.
  • Luxe s’il en est, on s’est pris des supports pour les micros, de manière Ă  ce qu’il ne soit pas nĂ©cessaire de les avoir en main et que ça puisse ramener un peu de naturel dans la conversation.

Une fois que vous avez de quoi enregistrer, faites autant de tests que vous pouvez pour vous rendre compte de ce qui fonctionne mieux en termes de son. Une pièce trop vide ou avec trop de vitres (comme une salle de réunion) résonnera beaucoup et ça risque d’être désagréable à l’écoute. De l’autre côté, un lieu bruyant peut déconcentrer ou être agaçant à l’écoute. On comprend plus facilement le compromis de Grégory : un salon est une pièce à vivre qui sera rarement vide, mais qui sera généralement calme. Une fois que vous avez un lieu qui fonctionne bien, essayez si possible de vous y tenir, pour ne pas avoir à redécouvrir l’acoustique à chaque nouvel épisode. Bien sûr, si vous vous lancez dans un podcast d’interview, c’est plus compliqué puisque ça implique souvent d’aller interviewer les gens chez eux.

La question de comment gérer une interview de façon aussi détendue que possible se pose ensuite. Pour nos premières, on a triché, puisqu’on parlait principalement entre nous. Avec Grégory, on a eu la chance de discuter un peu avant, puisqu’il est venu parler à toute l’équipe autour d’un déjeuner : à côté, l’enregistrement était forcément plus relâché. Donc faire connaissance avant l’enregistrement peut être une bonne piste - certains diront le contraire et préfèrent que la rencontre telle qu’enregistrée soit plus vraie. En ce qui nous concerne, on préfère mettre nos invités à l’aise en priorité.

Avant de vous lancer dans vos questions, testez le son. Enregistrez, discutez simplement, arrêtez et écoutez pour vous assurer que tout est audible. Si le son est bon, on peut commencer. Le fait de partager cet envers du décor avec vos invités pourra d’ailleurs aider à instaurer une complicité et un naturel : ils et elles participent à s’assurer que le rendu final sera bon.

Une fois qu’on est prêts, on prend un énorme verre d’eau et on se garde la carafe à portée de main : parler, ça déshydrate. Si vous avez la bouche sèche, ça s’entend et ça n’aidera pas votre aisance à l’oral. Ce conseil s’applique tout au long de l’interview : il sera toujours plus simple de couper les dix secondes durant lesquelles vous avez bu que de vous ré-enregistrer entièrement.

Pendant l’enregistrement, évitez autant que possible de parler en même temps que votre interlocuteur : dans une conversation normale, se couper la parole ou ponctuer les phrases de l’autre pour signifier qu’on est avec elle ou lui ne pose aucun problème. Mais pour un enregistrement, c’est beaucoup plus compliqué : on préfèrera donc laisser respirer le propos de l’invité, quitte à lui répondre de manière non-verbale. Ça peut être des choses aussi évidentes que hocher la tête, rire silencieusement, faire des grands gestes ou même des grimaces. Si ça vous arrive de déborder, essayez de recommencer la phrase.

grimaces
Utiliser les réactions non-verbales - on essayera toutefois de ne pas trop en faire.

Montage et diffusion

Pour le montage, notre ingénieur du son Thomas s’occupe de tout gérer de A à Z. Si vous ne pouvez pas vous offrir les services de quelqu’un pour ça, demandez des conseils autour de vous : si la personne ne peut pas vous accompagner sur le processus, vous récupérerez au moins des pistes très utiles, des règles simples qui pourraient relever du bon sens mais qui peuvent quand même faire gagner du temps.

Par exemple : personne ne veut écouter une interview où les questions seraient trois fois plus fortes que les réponses. Faites donc attention à égaliser vos voix. Mais notre choix de faire appel à un professionnel a été simple : nous courons déjà partout et nous pensons que le travail sur le son ne viendra pas prendre le pas sur les propos du podcast, nous avons donc pu le déléguer en toute tranquillité.

On peut toutefois vous conseiller un logiciel et un service gratuits. Ce ne sont pas les seuls, mais ils ont le mérite de ne pas être compliqués à prendre en main.

  • Audacity : il s’agit d’un logiciel gratuit, disponible sur Windows, MacOS et Linux, qui vous permet de gĂ©rer l’enregistrement, le mixage et le montage. Le design vous renverra directement Ă  vos annĂ©es sous Windows 98, mais c’est une bonne façon de commencer et aucun de vos auditeurs n’aura besoin de le voir.
  • Auphonic : il s’agit d’un service qui vous permet de nettoyer vos pistes sonores, gratuitement pour jusqu’à 2 heures d’audio par mois. Si vos enregistrements durent plus longtemps, il faudra mettre la main au portefeuille, mais l’offre gratuite devrait vous donner de quoi vous lancer.

Côté diffusion, là encore on passe par une plateforme qui s’occupe de tout à notre place. On a choisi Anchor, qui s’occupe de propager votre podcasts chez tous les diffuseurs (Apple Podcasts, Google, Spotify ou Soundcloud), mais il en existe d’autres, comme Pippa. Ça peut prendre quelques jours pour votre premier épisode, mais quelques heures suffisent pour les suivants. Côté prix, vous trouverez des plans gratuits et payants sur ces plateformes. Les versions gratuites vous permettent de faire l’essentiel pour vous lancer : publier partout, avec un nombre d’heures limité par mois.

Il ne reste plus qu’à être à l’écoute des retours qui vous sont faits. Si vous en avez pour nous, on est évidemment preneurs et on les lira avec attention. On espère que Good People vous plaît et on vous donne rendez-vous à la rentrée pour le prochain épisode ! :)

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