Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
19 janvSanté

Que faire si mon bébé qui ne dort (vraiment) pas la nuit ?

Il a mangé, il est propre, il a eu son câlin, mais rien n’y fait : votre bébé refuse de s’endormir. Ou bien il se réveille plusieurs fois par nuit, vous appelant de tous ses poumons, et le rendormir tient du parcours du combattant. Pas de panique. Il existe plusieurs pistes pour lui faire enfin fermer les yeux.

Vous avez tout fait comme il faut : vous assurer que les besoins primaires de votre bébé (nourriture, change, température) étaient satisfaits et sa sécurité affective, optimale. Peine perdue : ses cris s’éternisent et ne font que monter en intensité, bien au-delà des 5 à 10 minutes conseillées. Et lorsqu’il se réveille la nuit, c’est la croix et la bannière pour le faire refermer l’œil. Rassurez-vous : il existe d’autres pistes pour amener votre bébé à plonger enfin dans les bras de Morphée. Un rituel du coucher millimétré

Avez-vous pensé à mettre en place un rituel du coucher ? A savoir un moment calme et tendre non pas destiné à endormir l’enfant, mais à le placer dans des conditions psychologiques et physiologiques propices à un bon endormissement. Le rituel du coucher doit se dérouler dans la chambre, et en dehors du lit, avec un déroulé et un timing immuable : une histoire, une berceuse, une comptine, un câlin… Le tout ne devant pas durer plus d’une dizaine de minutes. Il signifie à votre bébé que c’est l’heure de se séparer, mais que vous êtes avec lui, même si vous n’allez pas rester à ses côtés. Vous pouvez ensuite le déposer, encore éveillé ou déjà somnolent, dans son lit. Sans vous attarder plus avant à ses côtés.

A partir de 6 mois : la méthode des 5-10-15-20 minutes

Les problèmes de sommeil des bébés se règlent plus facilement avant 6 mois, période du début de l’angoisse de séparation. Si votre enfant a atteint cet âge et que son endormissement vous donne encore du fil à retordre, nous vous conseillons d’essayer une méthode qui a fait ses preuves. Le premier soir, si bébé pleure après le rituel du coucher, attendez cinq minutes avant de retourner le voir. Parlez-lui doucement pour le rassurer, mais sans le toucher, et ressortez au bout de deux minutes. S’il appelle à nouveau, attendez cette fois dix minutes avant de revenir. Procédez de la même manière, autant de fois qu’il le faudra. Le deuxième soir, attendez d’emblée dix minutes avant de vous manifester, puis quinze. Le troisième soir, si la méthode n’a pas encore porté ses fruits, vous pouvez passer à vingt minutes. Mais la plupart du temps, cette ultime étape sera superflue. Une condition, toutefois : les deux parents doivent être en parfait accord sur le bien-fondé de laisser l’enfant pleurer le temps imparti. Parlez-lui !

Les bébés sont des éponges et ressentent tout. Un décès, un licenciement, des tensions dans le couple : tous ces non-dits procurent au tout-petit des vibrations d’angoisse qui l’empêchent de s’abandonner au sommeil. C'est pourquoi il est impératif de lui expliquer les choses, même si vous avez l’impression qu’il ne vous comprend pas. Par exemple : « Je suis stressé en ce moment, j'ai des soucis au travail, mais ce n'est pas de ta faute, tu peux dormir sereinement ». Verbalisez aussi avec lui tout changement important survenant dans sa vie (déménagement, nouvelle nounou, entrée en crèche, vacances) et susceptible de perturber ses rythmes.

Ne zappez pas les siestes

Vous avez entendu qu’un bébé dormira mieux la nuit s’il zappe une sieste ? Fake news ! Au contraire, les tout-petits qui zappent ce moment de repos essentiel pour l’équilibre de leur métabolisme sont si épuisés et excités qu’ils ont un mal fou à trouver le sommeil le soir. Seul bémol : évitez les siestes trop rapprochées de l’heure du coucher du soir, afin que cela ne perturbe pas son endormissement.

Essayez différents substituts maternels

Plusieurs astuces peuvent être tentées pour le rassurer, mais dans un ordre bien défini. D’abord, pensez éventuellement à lui lui proposer une tétine (lisez notre article sur le sujet ici). Vous pouvez aussi lui faire écouter des enregistrements de bruits blancs (battement de cœur, son de ventilateur, pluie …). Au dernier chef, et seulement si aucune de ces stratégies n’a marché, sortez l’enfant du lit et câlinez-le, voire faites-le finir la nuit dans le lit conjugal. Vous dormirez peut-être un peu moins bien, mais vous dormirez. Et lui aussi !

Consultez un spécialiste du sommeil du nourrisson

Statu quo ? Si vous vous en sentez le courage, vous pouvez aussi le balader, dans votre logement ou à l’extérieur, en porte-bébé, en écharpe ou en poussette. Voire l’emmener faire un tour en voiture. Mais soyez bien conscient qu’il ne s’agit que de pis-allers, forcément partiels et temporaires. En réalité, en arriver là signe toujours un constat d’échec. Mieux vaut alors vous diriger vers une consultation du sommeil, avec un spécialiste qui vous donnera des clés efficaces et personnalisées pour endormir enfin votre bébé.

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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