Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
18 janvSanté

Le sommeil de mon bébé entre 3 et 6 mois

Les infos essentielles à connaître pour maîtriser le sommeil de votre bébé de 3 à 6 mois sur le bout des doigts (ou presque).

C'est peut-être l'heure de la libération : votre bébé fait ses nuits, ou ne va pas tarder. Que s'est-il passé chez ce petit démon qui a ravagé votre sommeil sans aucun égards pour votre vie professionnelle, sociale et amoureuse ?

D'abord, et si tout se passe bien, il a stocké assez de gras pour ne pas ressentir la faim toutes les deux heures. Ensuite, il a atteint une certaine maturité neurologique qui le fait passer d'un rythme ultradien – il n'était pas réglé sur la lumière mais sur la faim – à un rythme circadien (de « circa » pour « environ » et « dies » pour « jour ») : son organisme s'est calé sur vingt-quatre heures grâce à la lumière du jour, grande pourvoyeuse de mélatonine. C'est pour cette raison que, dès tout petit, il est important de sortir son enfant pour le promener : en plus de créer un lien supplémentaire avec ses parents, il se gave comme un mort de faim de cette hormone du sommeil que la glande pinéale va envoyer au cerveau pendant les périodes d'obscurité.

Il rechigne à faire totalement ses nuits ? Vérifiez son poids – en dessous de cinq kilos, il n'a pas les réserves nécessaires pour dormir sur une aussi longue période – et rappelez-vous qu'un bébé prématuré n'a pas l'âge de sa venue au monde – en enfant né à sept mois, par exemple, n'a pas trois mois mais un seul mois (3 - 2 = 1).

Entre trois et six mois, un bébé dort entre douze et quinze heures qu'il étalera tout au long des vingt-quatre heures. En plus des trois ou quatre sieste bien réparties dans sa journée, sa nuit, elle, consistera en une longue plage de cinq à sept heures, qu'il entamera par une période de sommeil paradoxal – adieu le sommeil agité, les petits cris et la java dans le lit – avant de laisser place au sommeil lent – au lieu du sommeil calme : pas ou peu de mouvements, yeux clos, respiration régulière. Cinq à six heures, on est d'accord, ce n'est pas encore le Pérou mais, au sortir du tunnel, des trois premiers mois, c'est une avancée phénoménale.

Vous criez victoire ? Baissez les bras, rien n'est encore gagné. Même s'il enchaîne les nuits avec la régularité des apparitions de Michel Drucker le dimanche après-midi, il se peut qu'il recommence à se réveiller au moment où la maisonnée dort à poings fermés. Les raisons peuvent être multiples : poussée de croissance (vers trois mois), éventuelles perturbations dans sa vie quotidienne (déménagement, séparation…), envie d'être rassuré (pour les plus anxieux).

Veillez dans ces cas-là à intensifier les routines du sommeil et à check-lister les quatre piliers du sommeil pour qu'il gagne son autonomie. C'est maintenant à vous de profiter de vos longues nuits oubliées sans oublier que 15 % des enfants ne font toujours pas les leurs après six mois. N'attendez pas cette extrémité pour aller voir un pédiatre ou un spécialiste des troubles du sommeil, si vous sentez que la situation mérite d'être discutée.

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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