Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
19 janvSanté

Quels sont les 7 perturbateurs du sommeil ?

Le sommeil tient d'un équilibre si fragile qu'il faut en connaître sur le bout des doigts ses plus grands perturbateurs afin qu'il ne s'écroule d'un coup. Comme les péchés capitaux, ses ennemis sont au nombre de sept. Apprendre à les combattre ne va pas seulement vous préserver de désagréments majeurs, il va structurer le sommeil de votre enfant et donc lui assurer un incroyable bien-être.

Perturbateur n°1 : l'ignorance de son rythme

Les rythmes du sommeil de l'enfant obéissent à une régularité que ne renierait pas un horloger suisse. Mais pour qu'ils ne se dérèglent pas, il faut respecter le train du sommeil en évitant par exemple de lui faire partager votre vie sociale après 19h00 (le resto avec les copains) sous prétexte qu'il doit s'ouvrir à la vie et que ça coûte moins cher en baby-sitting. Le bébé préférera de loin son lit et ces sorties nocturnes empêcheront la mise au point de son horloge biologique.

Perturbateur n°2 : le manque de communication

Même s'il est incapable de parler, le bébé, grâce à son inconscient comprend un tas de choses, notamment l'intention. Ne pas lui parler équivaut à le déstabiliser. Les sujets ? Nos joies, notre activité du moment, nos exaspérations, la famille, les recettes qu'on lui prépare, sa future entrée à la crèche, le fait qu'après le dîner, il ira dormir. Apaisé et rassuré, il trouvera le sommeil d'autant plus rapidement.

Perturbateur n°3 : les écrans

Le risque majeur de notre société hyperconnectée est connu : la lumière bleue qui provient des écrans agit de manière négative sur les cellules de nos rétines. Le soir, elle empêche la sécretion de mélatonine, l'hormone du sommeil, et altère l'architecture du sommeil. Donc pour votre bébé, évitez les écrans (même un petit dessin animé mignon ou une comptine sur YouTube).

Perturbateur n°4 : la culpabilité parentale

Vous avez des journées de fous et rentrez en catastrophe à 19h00 à la maison ? Assailli par les remords de n'avoir pas assez vu votre bébé, vous voulez le garder à vos côtés alors qu'il montre tous les signes de fatigue annonçant l'arrivée du train du sommeil (bâillements, frottage des yeux, étêtage de doigts, cris signifiant : « Je suis épuisé ») ? Vous avez tort, le cadre et les habitudes horaires sont les meilleurs garants d'un sommeil régulier et réparateur.

Perturbateur n°5 : le ventre de ses parents

Certes, vous n'avez pas assez profité de votre bébé pendant la journée, et il vous le fait bien comprendre en pleurant chaque soir que vous le mettez au lit. La tentation est grande : l'endormir sur vous en lui caressant la tête et le dos et en lui murmurant tout l'amour du monde pour l'apaiser. C'est très doux, mais en faisant ainsi, vous lui faites passer inconsciemment ce message : ton lit n'est pas un lien assez sûr contrairement au ventre de ta mère ou de ton père. S'il est calmé sur le moment, cette information va le placer dans une situation instable en plus de lui faire courir un risque (tomber du ventre de ses parents) et de piétiner vos nuits. D'ailleurs, tous les pédiatres l'annoncent à l'unisson : pour acquérir son autonomie, le bébé doit apprendre à s'endormir seul.

Perturbateur n°6 : les histoires trop longues

Le coucher de votre bébé, c'est le Henri IV de Shakespeare. Ou presque. Vos talents de conteur vous emmènent à enchaîner l'histoire de la petite chèvre, celle des trois champignons, des lutins du bois joli, sans oublier la petite taupe à lunettes et le cochon à la queue en tire-bouchon ? On va vous faire gagner du temps et soulager votre enfant. Pour un nourrisson, une histoire de deux minutes est amplement suffisante. Plus, ça l'angoisse et le perturbe.

Perturbateur n°7 : les projections d'adultes

C'est sans doute le perturbateur le plus sournois. À anticiper les peurs de son enfant, on fait planer une anxiété dont il se passerait bien pour trouver le sommeil tranquilement. Vous vous rappelez que vous aviez peur du noir ? Un enfant de moins de six mois n'en a que faire. Trop absente, votre mère vous manquait atrocement ? C'est possible, mais à 5 ans, pas à 5 mois. Chaque soir, vous pensiez que le loup entrait dans votre chambre pour vous manger ? Il ne connait même pas l'existence de celui qui fit passer la chèvre de Monsieur Seguin de vie à trépas. Moralité : gardez vos peurs pour vous, il aura tout le temps de fabriquer ses propres angoisses en temps voulu.

Laurence Lebedinsky-Pollet
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