Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
20 janvSanté

Emmailloter bébé : pourquoi, comment ?

Depuis l’Antiquité, on a emmailloté les nouveau-nés. Une pratique encore en cours dans de nombreux pays : Asie, pays de l’Est… Longtemps tombée en désuétude dans nos contrées, la pratique revient en force ces dernières années, car elle revêt d’indéniables atouts.

La sensation de vide affole le nouveau-né

Le nouveau-né, tout juste sorti de l’utérus où il était ramassé sur lui-même, contenu entre les parois protectrices, ne se sent pas sécure au milieu d’un lit de 120 centimètres. Tout ce vide autour de lui l’affole. Ce qui provoque en lui le réflexe de Moro, qui consiste en une ouverture soudaine de ses jambes, bras et doigts puis à leur retour dans leur position de départ, ramenés et serrés le long de son corps. Des soubresauts susceptibles de le réveiller lorsqu’il rêve. L’emmaillotage contient le bébé, le restructure et le rassure L’idéal serait de le faire dormir dans un lit plus petit dans les premiers mois, dans un couffin par exemple. Si ces préalables ne marchent pas, vous pouvez tenter l’emmaillotage. La pratique renvoie encore souvent une image négative, un peu comme une camisole de force. C’est tout le contraire ! En lui donnant à nouveau l’impression d’avoir des limites autour de lui, en le restructurant, le resserrement corporel induit par le lange procure au nouveau-né un sentiment de sécurité. C'est également très utile pour atténuer les coliques. C’est pourquoi, la plupart du temps, les bébés langés plongent quasi-instantanément dans les bras de Morphée.

Lange « maison » ou du commerce ?

Pour emmailloter bébé, vous pouvez utiliser un lange en jersey fin ou en mousseline, ou encore une petite couverture légère : un angle en haut, les deux autres sur le côté et l’autre en bas. Rabattez sur le haut du corps, puis au niveau des pieds, avant de border à gauche ou à droite. Il existe aussi dans le commerce divers modèles de couverture d’emmaillotage, sortes de mini-sacs de couchage munis de scratchs, pour un coût de 25 euros environ. Un investissement à faire de préférence uniquement si l’emmaillotage « maison » a fait ses preuves durant deux ou trois nuits. Immobilisez surtout le haut du corps Il y a deux manières de procéder : soit en plaçant le bébé les bras le long du corps pour éviter que bras et mains partent sur les côtés, soit en lui plaçant les mains au niveau de son menton pour qu’il puisse y accéder s’il veut téter ses doigts. Il faut que l’enfant soit immobilisé, surtout au niveau du haut du corps, mais pas trop serré. Si vous avez des doutes sur la manière de procéder, consultez les nombreux tutos en ligne. Vous pouvez aussi demander de l'aide à un professionnel de santé : sage-femme, pédiatre, puéricultrice… Si ses jambes demeurent un peu repliées, ce n’est pas grave, la position « en grenouille » étant la position spontanée du nouveau-né. Le bas du corps (hanches, jambes) doit impérativement rester plus mobile et donc moins serré pour éviter les luxations de hanches.

Diverses précautions à observer

Toutefois, au-delà de ses bienfaits, l’emmaillotage n’est à utiliser que sous plusieurs réserves.

  • L’emmaillotage ne doit arriver qu’en deuxième intention, quand on n’arrive pas à faire dormir son bébé. Il ne doit pas être systématique. En clair : tous les soirs où il s’endort de lui-même, on laisse le lange de côté.
  • La pratique n’a lieu d’être que durant les phases de repos : en périodes d’éveil, il faut le laisser libre de ses mouvements, afin d’éviter de restreindre ses progrès moteurs.
  • Si le tissu est très chaud et/ou en cas de fortes chaleurs, ne le couvrez pas trop, mais laissez-le en couche et en body. Objectif : limiter le risque de mort inattendue du nourrisson.
  • La luxation des hanches constitue une contre-indication à l’emmaillotage, ces bébés devant impérativement être couchés en grenouille.
  • Afin de pallier tout risque d’étouffement, l’emmaillotage ne doit plus avoir cours au-delà des deux-trois premiers mois, lorsque l’enfant est en mesure de se retourner dans son lit. Si besoin, pour le déshabituer de cette sensation d’être contenu, allez-y progressivement, en laissant d'abord un bras libre, puis le second.

Propos recueillis par Catherine Piraud-Rouet

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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