Anne Prigent
Journaliste santé
13 septSanté

Manager comme un yogi, mode d'emploi

Le livre Manager comme un yogi (éditions First) casse les codes habituels des livres de management. En prenant appui sur la philosophie du yoga, l’auteur propose de repenser les relations en entreprises en se basant sur la communication non-violente.

yoga au travail

Crise sanitaire, confinement, économie en berne : les mois que nous venons de passer ont mis à mal les nerfs de la plupart d’entre nous. Dans ces conditions, difficile d’imaginer que le retour au bureau se fera dans la sérénité. Et si pour mettre un peu d’harmonie dans les entreprises nous testions, la yogi attitude ? C’est la méthode prônée par Luc Biecq, journaliste et yogi dans son livre Manager comme un yogi.

De quoi s’agit-il exactement ?

« Le Yoga est avant tout une philosophie, une réflexion sur soi. L’idée est donc d’apporter une réflexion aux managers en plaçant la non-violence comme critère principal. Avec comme objectif d’amener le manager à réfléchir à ce qu’il fait, à l’impact de ses gestes sur lui-même et sur ses équipes », explique l’auteur. Il rappelle que depuis des années, les chiffres représentent la France comme le mauvais élève européen en matière de management : syndrome d’épuisement professionnel, de dépression et de harcèlement… Pour sortir de la spirale infernale du management sous pression, Luc Biecq et ses deux intervenants, Emmanuel Fort, coach en management et Laurence Gay, professeur de Yoga, proposent des conseils et des témoignages de managers-yogi. Pratiquement, pour changer de regard, pour sortir du culte de la performance et du management par objectif, « Manager-yogi », s’appuie sur 5 piliers de la sagesse. Les voici.

Adopter la non-violence

Fini les phrases assassines, les brimades ou les petites manipulations, place à l’empathie. Pour pouvoir comprendre ce que l’autre ressent, il faut déjà savoir l’écouter. « Écouter, c’est un exercice d’attention. On est tous écoutant et écouté, tout le temps. Nous savons quand nous ne sommes pas écoutés, mais quand on est en position de devoir écouter, on ne se souvient plus trop de ce qu’il faut faire », précise Emmanuel Fort. Il explique que la reformulation, est une technique d’écoute très puissante. Elle sert à faire le point, à synthétiser et c’est une marque d’intérêt pour son interlocuteur : il ne parle pas dans le vide. Le non-jugement est également essentiel pour la compréhension de l’autre. « Nous catégorisons les choses, nous les enfermons, c’est notre manière d’appréhender le monde. Le yoga nous invite justement à essayer de voir derrière l’apparence », explique encore Emmanuel Fort. Pour le coach, pour réussir à accompagner un membre de l’équipe, il s’agit de se « décentrer » du jugement réflexe et de s’approcher de la compréhension : « OK, s’il fait ça, qu’est-ce qu’il veut me dire, ça veut dire quoi ? Qu’est-il en train de faire, de dire ? Qu’est-il en train de vivre ? »

Avoir la bonne posture

Trouver et travailler sa posture, c’est asseoir sa légitimité, sa crédibilité. Pour un manager, c’est se sentir bien dans le costume de manager et être perçu comme tel par les autres. Le livre détaille ainsi les 3 préceptes du manger yogi pour trouver sa posture :

  • Sans rechercher la posture parfaite, on s’observe en train de faire, pour impliquer l’équipe et asseoir sa légitimité.
  • Poser des actes, éviter les injonctions et veiller à garder une bonne distance vis-à-vis de soi-même.
  • Accompagner l’évolution des membres de l’équipe, ne pas apporter son aide si elle n'est pas demandée. Etre présent sans s’imposer, s’employer à créer le contexte qui favorise la demande d’aide.

Avoir une éthique managériale

L’éthique n’est pas un sujet central dans le monde du management contrairement à celui du yoga. « Pourtant, le management a tout à gagner à être alimenté par le questionnement éthique », rappelle Luc Biecq. Une éthique qui va de pair avec l’exemplarité, « C’est vraiment la posture de celui qui incarne l’autorité en fait. Le manager incarne la parole de l’entreprise, de la direction, s’il ne veut pas créer une faille et de l’incohérence, il a ce devoir d’exemplarité. », note Emmanuel Fort.

Aiguiser son souffle

Le stress au travail est une réalité. Le manager également est sous pression. Pour lui, comme pour l’ensemble des collaborateurs, trouver son souffle et garder l’envie est primordial. Parmi les conseils pratique délivrés par Luc Biecq « Il est nécessaire de prendre du temps chaque semaine pour réfléchir à sa pratique managériale. Par exemple consacrer chaque mardi, 20 minutes ou 1 heure à s’interroger sur son management : est-ce que je dois organiser un déjeuner de service ? proposer une formation à un tel ? etc ».

Être cohérent

Toute personne en entreprise l’a vécu : les incohérences entre ce qui est dit et fait sont nombreuses. Le rôle du manager va être de « trouver comment se positionner en catalyseur de la cohérence. C’est un des devoirs du manager : rendre lisible et clair, donner de la cohérence à ce qui ne l’est pas », rappelle Emmanuel Fort. La solution ? recueillir les informations et les partager. Ce qui implique de cultiver les liens sociaux et de communiquer.

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