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14 janvSanté

Jeunes pères : prenez confiance en vous !

père et son bébé

Quand un bébé arrive, le nouveau père doit, plus que la mère, prouver aux yeux du monde qu’il est capable de gérer le dossier.

“Lorsque ma fille est née, les regards sur moi ont changé. Je n’en ai pas pris conscience immédiatement. Pire. Quand je m’en suis rendu compte, j’ai même mal interprété les coups d'œil mi-suspicieux mi-protecteurs que je recevais en m’aventurant avec elle dans les rues de Paris. Non, je n’étais (malheureusement) pas devenu subitement beaucoup plus beau en devenant père. Ces regards étaient inquiets pour la grande majorité, et parfois même terrifiés. J’ai alors compris que quelque chose clochait, et que c’était moi. Rapidement, de petites choses ont confirmé le malaise. Les regards se sont transformés en gestes et en remarques. Dans une rame de métro, une septuagénaire a un jour essuyé d’autorité les narines de ma progéniture, comme si j’étais un simple pylône chargé de porter l’enfant sans pouvoir m’en occuper. À la caisse d’un Franprix, une autre dame (de la même tranche d’âge, allez savoir pourquoi), m’a demandé si je comptais vraiment acheter une compote industrielle qui risquerait de perturber la future fertilité de mon enfant. Ailleurs (à la crèche, à la Poste, dans le bus), on m’a souvent demandé si les pleurs de ma fille n’indiquaient pas un début de sous-alimentation (parce qu’apparemment, je n’avais pas l’air d’être au courant de cette possibilité.)
Enfin, lors du mariage d’un ami, sa grand-mère a tout simplement passé une journée entière à trouver mille prétextes pour me subtiliser l’enfant, dont je m’occupais seul. Et visiblement mal.

J’ai alors compris ce qui se passait : en me promenant en public avec un bébé avant d’avoir atteint la quarantaine, je violais une loi de la nature dont j’ignorais l’existence.

Messieurs, sachez-le : la société doute de votre capacité à garantir la survie d’un petit humain. Peut-être parce qu’elle doute avant tout de votre capacité à garantir la vôtre. À quoi est-ce dû ? Des siècles de paternité passive et de papas démissionnaires ? Au fait que les hommes aient inventé le stock-car ou qu’ils aient une tête de grand enfant pendant la première moitié de leur vie ? Je ne sais pas, mais quelques discussions avec des pères de la même génération m’ont depuis confirmé qu’il s’agit d’un problème global. Aux yeux de certaines générations, nous avons des têtes d’irresponsables.

Alors, bien sûr, beaucoup – hommes, femmes, proches et moins proches – nous soutiennent. Mais souvent, leur volonté de convaincre les sceptiques que les temps ont changé ne fait que confirmer le problème initial. Un souci de confiance qui, ça va de soi, touche aussi les mères, sur d’autres modes.

Que faire donc ? Avant toute chose, le dos rond. N’entrez pas en conflit avec celles et ceux qui doutent. Vous perdrez beaucoup de temps sans gagner grand-chose. Si ce n’est, parfois, le respect d’une inconnue que vous ne recroiserez jamais. Super.

Mais pas question, pour autant, de vous laisser contaminer par la peur des autres. Après tout, personne n’aura confiance en vous à votre place. Il va falloir, à chaque milliseconde, chaque bain, chaque biberon, chaque chute empêchée au parc (ou chaque câlin après une chute imprévisible), devenir père malgré eux. Il n’existe pas de meilleure façon de faire, et ça tombe bien, parce que c’est aussi la plus belle. Pour vous comme pour vos enfants. Et croyez-nous : des conflits de génération mille fois plus importants vous attendent avec eux à l’adolescence. Bonne route.”

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