Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
18 janvSanté

Les 4 piliers du sommeil de votre enfant

Quatre principes fondamentaux pour avoir un bébé qui dort.

On pourrait schématiquement se représenter le sommeil des nouveaux-nés comme une maison construite sur pilotis et dont les quatre fondations doivent être équilibrées et de forces égales pour des nuits qui se déroulent dans une quiétude absolue. Voici de quel bois elles sont faites.

La parole

L'enfant est un shaman qui, s'il ne maîtrise pas (encore) l'imparfait du subjonctif, comprend une grande partie de ce qui se passe autour de lui grâce aux mots qu'il perçoit : avant de comprendre avec une conscience, il utilise inconsciemment les paroles qu'il entend. Ainsi, les phrases : « C'est l'heure de prendre le bain », « Viens, nous allons préparer le dîner » ou « Tu peux jouer un quart d'heure dans ton parc » (garder pour plus tard le : « Va ranger ta chambre ») vont l'aider à se projeter dans son activité, d'organiser ce qu'il vit et donc diminuer son sentiment d'insécurité. « C'est l'heure d'aller faire dodo » devient pour lui une étape importante de sa journée : celle du repos.

L'attitude cohérente

Un couple qui vit sous le même toit que le bébé doit être pour lui un sublime pas de deux où, si les danseurs n'effectuent pas exactement les mêmes mouvements, ils sont portés par le même rythme. Impossible d'imaginer un parent couchant l'enfant dans le calme et un autre débarquant pour le chatouiller et le faire rigoler avant qu'il ne s'endorme (de toute façon, il ne s'endormira pas). Dans le cas d'un couple séparé qui se partage la garde, il faut que les heures et les rituels de la soirée soient les mêmes pour que le bébé trouve son rythme, garant absolu de son équilibre et… d'une nuit réussie.

Les rituels

S'ils sont à utiliser dès tout petit, les rituels prennent une importance grandissante à partir de 6-8 mois. C'est en effet à cet âge que le bébé réalise que son corps est différent de celui qui le porte. Les angoisses apparaissent : celle de la séparation, mais aussi de la perte. Pour rassurer l'enfant, qui se demande si l'adulte sera bien là au moment de son réveil, les rituels du coucher sont primordiaux : on donne un baiser au doudou, on écoute une comptine, on lit une courte histoire sans trop s'attarder. Pour les plus paisibles, le sommeil arrivera assez vite, les plus angoissés feront part de leur anxiété en hurlant très fort ou en sollicitant l'attention de l'adulte (parents, nounou…). C'est là que la réponse ferme et douce entre en scène.

La réponse ferme et douce

Oubliez vos propres angoisses et pensez au bien-être de votre bébé. Vous avez toujours eu peur du noir ? Un nouveau-né s'en contrefiche. Votre mère vous manquait le soir en vous endormant ? Oui, à 5 ans, pas à 5 mois. La liste des anxiétés que vous projetez sur votre nouveau-né pourrait être longue. Prenez une éponge (mentale, s'entend) et effacez-les toutes pour adopter la seule attitude qui vaille : la réponse ferme et douce. Il vous appelle alors que le train du sommeil entre en gare ? Il a compris son pouvoir, évitez d'entrer dans son mécanisme : à ce petit jeu, c'est comme à la roulette, la banque finit toujours par gagner. Ne rentrez pas dans sa sphère (sa chambre), restez à la porte, rassurez-le et dites-lui de dormir. Si les cris s'intensifient (dans la limite du raisonnable, au-delà, il a un vrai problème), ne le sortez pas du lit et contentez-vous de poser une main sur son ventre en le rassurant. Il ne demande rien de plus.

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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