Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
18 janvSanté

Parents cool = bébé cool : vrai ou faux ?

Que celui qui n'a jamais entendu la phrase « Quand les parents sont cool, les bébés sont cool » - énoncée par un ami pendant que que votre enfant hurle - sans vouloir le hacher menu dans la seconde se lève. Et pourtant, cette personne, qui vient de trancher par cette perfidie le lien d'amitié qui vous unissait, n'a pas tout à fait tort. Pire, il aurait presque raison.

Peut-on vraiment lier le comportement d’un bébé à celui de ses parents ? Sans apporter de réponse définitive, on peut déjà affirmer qu’un bébé s'épanouira avec d'autant plus de facilité si le foyer dans lequel il grandit lui apporte la sérénité : peu de disputes, de la détente, de la musique douce, des parents attentifs à son rythme. En revanche, un foyer qui va mal, où tout n'est que tension et pugilat, plongera le bébé dans une angoisse qu'il exprimera avec des crises et des cris.

Plus sournois, un cadre apparemment serein mais avec un des parents angoissés. « J'allais régulièrement dans la chambre de notre enfant pour voir si tout se passait bien, vu qu'il avait beaucoup de mal à s'endormir lorsque je m'occupais de le coucher », explique Flora, maman de 31 ans. En revanche, lorsque son compagnon Thomas s'occupait de le mettre au lit avant de retourner dans sa bulle – en l'occurence le jeu vidéo FIFA 20 –, les choses se déroulaient de manière beaucoup plus calme et le bébé dormait très vite à poings fermés. Il a fallu deux séances de pédo psy pour que Flora – femme très cool de son époque par ailleurs – libère sa parole et reconnaisse que, hantée par la mort subite du nourrisson, elle rentrait à plusieurs reprises dans la chambre de son bébé dès qu'elle entendait un bruit pour vérifier son bien-être. Que l'on ait quelques semaines ou trente-et-un ans d'existence, le sommeil n'est viable qu'avec un franc lâcher prise. Le message silencieux que Flora transmettait à son enfant, c'est que son lit n'était pas un lieu sûr et que le sommeil représentait un danger potentiel. Depuis, les choses sont rentrées dans l'ordre et chaque membre de la famille a trouvé son rythme de sommeil.

Reste le cas de parents hérauts de la coolitude mais géniteurs d'enfants hurleurs, incapables de s'endormir en paix et d'ailleurs très heureux de trouver, tard, le sommeil sur le ventre de leur mère ou le lit de leurs parents (une lourde erreur à ne pas commettre si l'on en veut pas en payer le prix pendant de longs mois) : si l'hyperactivité chez l'enfant ne peut être diagnostiquée avant 6 ans, le bébé manifeste certains signes dès les premières semaines – agitation constante, sensibilité à fleur de peau, colères homériques, grosses difficultés à s'endormir… Tous ces signes doivent alerter les parents, qui en parleront au pédopsychiatre avant, plus tard, d'envisager une éventuelle psychothérapie cognitivo-comportementale. Et ça, ça peut arriver aux parents les plus cool de la Terre.

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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