Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
8 févrSanté

Mon bébé peut-il sauter une sieste ?

La sieste occupe une place énorme dans le quotidien de votre bébé, même si elle va en s’amenuisant à mesure qu’il grandit. Ces phases de sommeil diurne constituent un besoin physiologique qu’il convient de respecter autant que possible. Une règle qui souffre toutefois quelques adaptations, en fonction des besoins de l’enfant… et des vôtres !

Dans les premiers mois de sa vie, l’enfant dort la plus grande partie de la journée. Cela relève de ses besoins physiologiques les plus primaires. C’est pourquoi les siestes (partie diurne de son sommeil) occupent une grande part de son quotidien, même si leur fréquence et leur durée va en s’amenuisant à mesure qu’il grandit.

Un volume moyen de siestes lié à l’âge de l’enfant

A la naissance, le nouveau-né dort de 16 à 20h par jour, soit en quasi-continu. De 1 à 3 mois, son sommeil est peu ou prou le même, avec des réveils toutes les 3-4 h, avant tout pour manger, mais avec des périodes d’éveil de plus en plus longues. A partir de 3-4 mois, ses siestes sont généralement au nombre de trois : 8-10 h ; 13h-15 h ; 16-17h (une durée réduite à 30 minutes à 6 mois), et rythmées par la prise des repas. Entre 9 et 12 mois, la sieste de fin d'après-midi disparaît. De 15 à 18 mois, le nourrisson ne fait plus de sieste le matin mais une seule, plus longue, en début d'après-midi (2h-2h30).

Il ne s’agit là que d’indicateurs moyens. Comme de nombreux comportements, la sieste répond à des schémas biologiques (plus ou moins gros dormeurs) et familiaux. Certaines familles marquent scrupuleusement ces phases, d’autres adaptent davantage les rythmes du bébé à ceux du foyer. Mais si votre bébé est gardé (en particulier en crèche), c’est sur ce calendrier journalier que se caleront a priori les puéricultrices, en fonction de son âge.

La base : les siestes, parties intégrantes des besoins physiologiques de l’enfant

Devant les « galères » répétées à l’endormir le soir, nombre de parents sont tentés, à un moment ou un autre, de faire sauter une sieste à leur bébé, dans l’espoir qu’il plongera plus facilement dans les bras de Morphée à la nuit tombée. Erreur stratégique ! C’est même tout le contraire : plus les tout-petits dorment et mieux ils dorment. Un enfant qui a son quota de sommeil dans la journée sera beaucoup plus détendu pour s’endormir le soir. A l’inverse, lui faire sauter des siestes fait courir le risque d’une carence chronique en sommeil (dette de sommeil).

Des horaires potentiellement adaptables en fonction des besoins de l’enfant

Ce principe souffre toutefois certains aménagements. D’abord, ce planning est adaptable en fonction des besoins ponctuels de l’enfant. Ainsi, en vacances, les changements de rythme familiaux ou l’excitation du moment peuvent le détourner de son lit, notamment à partir de 15/18 mois. Rien de grave à faire une entorse au schéma de la journée : d’autant plus que, gorgé d’expériences et de stimulations nouvelles, il a de bonnes chances de s’effondrer de lui-même de fatigue en fin de journée !

Votre bébé peut aussi, certains jours tout ce qu’il y a d’ordinaire, refuser, tout simplement, de fermer l’œil. Vous hésitez à insister ? Repérez ses signaux de sommeil. Si à 10-11h par exemple, heure à laquelle normalement il devrait dormir et qu’il joue, gazouille et a l’air en pleine forme, c’est que manifestement le train du sommeil n’est pas encore passé : dans ce cas, attendez un peu. Inversement, s’il manifeste des signaux de fatigue (frottement des yeux, pleurs, bâillements, dodelinements…) une demi-heure avant l’heure prévue pour sa sieste, n’attendez pas pour le mettre au lit.

Les horaires de sieste ne doivent pas non plus être gravés dans le marbre si votre bébé est gardé en crèche. Si le personnel vous remonte que votre enfant est couché à midi mais qu’il ne dort pas, vous pouvez lui notifier que le week-end, vous le couchez un peu plus tard, quand il commence à bailler, et que du coup il dort très bien. Vous pouvez suggérer qu’il déjeune plus tard et soit couché plus tard également, afin de mieux s’accorder à son rythme et faire en sorte qu’il ne vive pas sa mise au lit comme une punition. D’où, en passant, l’importance des temps d’échanges au quotidien avec la crèche.

La sieste : pas forcément toujours dans son lit !

Il se peut aussi que vous ayez une activité à l’extérieur (courses, fratrie à récupérer à l’école, urgence quelconque) qui vous empêche, ponctuellement, de respecter ce temps de repos de votre bébé. Pas de panique : il dormira tout aussi bien en poussette, voiture, porte-bébé ou écharpe. Prenez garde, toutefois, que ce nomadisme reste occasionnel, sous peine qu’il ne s’accoutume à ne pouvoir plus dormir qu’en mouvement.

Avancez si besoin le coucher du soir

Si, de votre fait ou du sien, le temps de sieste a été tronqué et que votre bébé est épuisé le soir, n’hésitez pas à anticiper son coucher d’une heure. Mais ne comptez pas trop sur le fait qu’il dorme plus longtemps le lendemain : sensation de faim aidant, les bébés se réveillent la plupart du temps à une heure immuable le matin.

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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