Nathalie Gontier
Journaliste engagée
18 janv 2021Santé

Pourquoi la charge mentale féminine décolle après la naissance du premier enfant

🕓 Temps de lecture : 1 minute

👩‍🦰 Article rédigé par : Nathalie Gontier

Un premier enfant n’apporte pas que joie, bonheur, rototos et taches de lait. Avec lui arrive (peut-être, heureusement pas toujours !) le creusement des inégalités au sein du couple. Et donc une plus grande charge mentale féminine.

Charge mentale lors du premier enfant

Article mis à jour le 8/7/2022

🤰 Équilibre avant la naissance

La répartition des tâches domestiques et parentales au sein d’un couple hétérosexuel est souvent inégalitaire dans tous les pays occidentaux, même s’il existe de fortes disparités régionales, notamment entre le Nord et le Sud de l’Europe. Si l’on considère uniquement les tâches domestiques, 80% des femmes s’impliquent quotidiennement dans la gestion de leur foyer, contre 36% des hommes, et l’écart ne bouge pas depuis… 25 ans. Et si l’on cumule travail professionnel, domestique et parental, les mères françaises travaillent ainsi 13h par jour, contre 11h pour les pères, soit un écart vertigineux de 2h par jour !

Encore ne s’agit-il que d’une moyenne, car les inégalités se creusent apparemment un peu plus à chaque naissance, et ce dès les tout premiers mois de la grossesse. En effet, les rendez-vous médicaux, les papiers à envoyer à la Sécu, le choix de la clinique, les cours de préparation à la grossesse etc. incombent en général aux futures mères, qui, après l’accouchement, se retrouvent souvent seules à gérer l’administratif, la déclaration de naissance, les premiers rendez-vous chez le pédiatre, la recherche et le casting d’assistantes maternelles… qui font implicitement partie du mal nommé « congé maternité ».

💚 Un congé paternité à rallonger

Petit rappel des faits : en France, le congé maternité est de 8 semaines, dont 6 semaines minimum. Le congé paternité et accueil de l’enfant, lui, vient de passer de 14 à 28 jours, dont 7 obligatoires contre 3. Même si c'est une avancée et une belle victoire, cela ne suffira pas à résorber ces inégalités. En plus, les papas sont de plus en plus nombreux à vouloir s'investir davantage dans l'éducation du petit, notamment au début. En effet, tous les mères et les pères le savent : aucun bébé ne naît avec son mode d’emploi, savoir s’en occuper s’apprend, et prend donc du temps.

Par ailleurs, les soins quotidiens participent à la création du lien affectif entre le parent et l’enfant, et au sentiment de sécurité du bébé. Celui-ci acquiert donc le réflexe de se tourner vers le « parent référent » lorsqu’il a faim/peur/sommeil, etc. Dans l’écrasante majorité des cas, ce parent est la mère, puisque souvent, c’est elle qui est à la maison pendant que son conjoint travaille.

C’est ainsi que les habitudes parentales se mettent et restent en place : dans un contexte où la liste des choses à faire s’ajoute à la convalescence post-partum, il est souvent plus simple et plus rapide de faire soi-même que d’expliquer à l’autre comment faire. Et c’est ainsi que la personne qui fait déjà beaucoup à la maison en fait de plus en plus à l’arrivée du bébé, ce qui implique aussi qu’elle travaille de moins en moins à l’extérieur de la maison, donc que son partenaire travaille de plus en plus… et en fait donc de moins en moins à la maison. Ce n'est pas la faute du partenaire, c'est plutôt une chose à changer au sein de notre système. Si la maman travaille moins, de fait le père doit travailler plus, et cela peut vite s'apparenter à un cercle vicieux concernant le partage des tâches.

🇨🇦 Premier enfant au Québec

La chercheuse américaine Ankita Patnaik a étudié l’impact de l’instauration en 2006 d’un congé paternel de 5 semaines au Québec sur les inégalités domestiques : le résultat est édifiant. Entre 2002 et 2010, le taux de pères prenant un congé paternité a bondi de 21,5% à 53% entre 2002 et 2016. Ceux qui sont devenus parents après 2006 ont par ailleurs consacré 23% de temps supplémentaire aux tâches domestiques. L’allongement significatif du congé paternité ne résorbe pas la charge mentale, mais il contribue à l’équilibrer.

Alors, oeuvrons ensemble pour plus d'égalité, avec autant d'amour à donner au bébé 💚

Nathalie Gontier
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