Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
25 janv 2021Santé

Oui, l'accouchement peut jouer sur le sommeil du bébé

🕓 Temps de lecture : 2 minutes

👩‍⚕️ Article rédigé par : Laurence Lebedinsky-Pollet (sage-femme)

Les modalités de la naissance peuvent avoir un retentissement sur la qualité du sommeil du bébé. Les causes en sont diverses : influx d’hormones, positives ou négatives ; traumatismes physiques liés à une extraction difficile ; conditions d’accueil du bébé... Heureusement, à chaque problème sa solution ! La transmission hormonale entre la mère et l’enfant se fait tout au long de la grossesse : tout ne se joue pas à l'accouchement, ni à la naissance. Beaucoup d'émotions maternelles passent aussi in utero, notamment par le biais de l’adrénaline, l’hormone du stress, qui se transmet au fœtus à travers le cordon ombilical. Si la mère souffre, est angoissée ou désemparée, il est possible que bébé le ressente. Mais bloquer vos émotions ou être stressée d'en ressentir, n'aura pas bon effet non plus : alors on se déculpabilise. Et on essaie de vivre du mieux qu'on peut la grossesse. 😇

Article mis à jour le 18/7/2022

Accouchement et naissance, sommeil du bébé

🧘‍♀️ A accouchement zen, bébé zen ?

Cette transmission se retrouve, de manière souvent exacerbée, au moment de l’accouchement, évènement intense pour les deux parties. Un accouchement fait en confiance, sans difficultés, aura souvent un impact positif sur le nouveau-né et son futur sommeil. L'inverse est vrai aussi : les accouchements longs, difficiles ou anxiogènes s’accompagnent d’une importante sécrétion d’hormones du stress de la part de la mère. Certaines naissances sont également marquées par la sécrétion par la mère d’une dose insuffisante d’ocytocine, l’hormone dite du "bonehru" ou de l'attachement, en particulier en cas de déclenchement de l’accouchement. Tandis que les contractions XXL induites par le déclenchement entraînent un stress accru chez le fœtus. Tout en ayant conscience des effets que peuvent avoir les circonstances de votre accouchement, ne vous focalisez pas trop dessus : certains bébés, même après une grossesse et un accouchement faciles et sans encombres, peuvent être très actifs et peu dormir. Et inversement ! Focalisons-nous plutôt sur les solutions.

Verbaliser son mal-être auprès du bébé

Vous avez mal vécu votre accouchement ? C'est le cas de beaucoup, beaucoup d'autres mamans. Verbalisez-le auprès de vos proches, de vos amies, mais aussi de votre bébé ! Ça atténuera souvent le mal-être ou la peur que vous gardez encore en vous pour le bébé et pour vous.

Quelles que soient les circonstances de l'accouchement (fausse-couche préalable, césarienne, décès in utero d'un jumeau, prématurité...), posez des mots sur votre ressenti. Cela vous aidera à rassurer et déculpabiliser l'enfant. L'enfant peut sentir, avec vos mots, qu'il n'est pas responsable de votre détresse. Essayez aussi de vous rassurer sur la bonne santé de votre bébé, si celle-ci est confirmée par l'équipe médicale ! Faites confiance aux professionnels, et essayez de ne pas systématiquement associer votre accouchement difficile à une éventuelle fragilité du bébé. Un sentiment chez la mère de "protection coûte que coûte", peut être la cause d'une sur-réaction aux appels du bébé et donc fragiliser son sommeil.

Tester l’ostéopathie sur le sommeil du bébé

L'ostéopathie pour nourrisson est proposée pour résoudre les tensions physiologiques. ****Par ailleurs, les naissances ayant nécessité des extractions instrumentales peuvent entraîner, plus que les autres, des tensions physiologiques. Si elles sont généralement invisibles à l’œil nu, elles sont susceptibles d’entraîner une gêne ou une souffrance durable chez le nouveau-né.

Un bébé que l’on aura, urgence oblige, accouché via des forceps ou des cuillères, peut ainsi souffrir d’un traumatisme plus ou moins important au niveau du crâne. Lequel peut le rendre douloureux, excitable, nerveux, avec davantage de mal à se détendre, et donc à s’endormir. A la clé, de possibles conséquences néfastes au sommeil, comme les reflux. Un bilan ostéopathique mené dans les premiers mois pourra aider à apaiser sensiblement votre enfant.

Un accueil propice

Enfin, la qualité du sommeil du bébé, comme celui de son équilibre psychologique général, tient aussi aux conditions de son accueil, juste après la naissance. Dans son best seller publié en 1974, Pour une naissance sans violence, le docteur Frédérick Leboyer, le premier, a montré que le nouveau-né a besoin d’être accueilli dans une atmosphère tamisée et calme. S’il va bien, il est souvent bon de créer un contact peau à peau prolongé avec sa mère, pour pouvoir continuer à en respirer l’odeur sécurisante et en apprivoiser le sein à loisir. Même s’il naît par césarienne, le nourrisson doit être placé, dès que possible, sur sa mère et/ou sur son père. Cela permet de maintenir l’odeur rassurante et familière du liquide amniotique.

Autant de bonnes pratiques qui visent à préserver et favoriser la création du lien mère-enfant. Et qui sont désormais, heureusement, adoptées par la plupart des maternités. A la clé, une maman et son nouveau-né qui rentrent sereins à la maison. Et un bébé qui dormira d’un sommeil plus apaisé.

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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