Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
25 janvSanté

Oui, l'accouchement peut jouer sur le sommeil du bébé

Les modalités de la naissance peuvent avoir un retentissement sur la qualité du sommeil du bébé. Les causes en sont diverses : influx d’hormones, positives ou négatives ; traumatismes physiques liés à une extraction difficile ; conditions d’accueil du bébé... Heureusement, tous ces problèmes ont des solutions.

Bien avant l’accouchement, la transmission hormonale entre la mère et l’enfant se fait tout au long de la grossesse. Toutes les émotions maternelles passent aussi in utero, notamment par le biais de l’adrénaline, l’hormone du stress, qui se transmet au fœtus à travers le cordon ombilical. Si la mère souffre, est angoissée ou désemparée, il va le ressentir.

A naissance zen, bébé zen

Cette transmission se retrouve, de manière souvent exacerbée, au moment de l’accouchement, évènement intense s’il en est pour les deux parties. Plus la naissance se déroulera de manière zen, plus la femme sera en confiance vis-à-vis de l’équipe qui l’accouche, et plus serein sera le nouveau-né. Mais l’inverse est également vrai. De manière générale, les accouchements longs, difficiles ou anxiogènes s’accompagnent d’une importante sécrétion d’hormones du stress de la part de la mère. Certaines naissances sont également marquées par la sécrétion par la mère d’une dose insuffisante d’ocytocine, l’hormone du bonheur, en particulier en cas de déclenchement de l’accouchement. Tandis que les contractions XXL induites par le déclenchement entraînent un stress accru chez le fœtus.

Verbaliser son mal-être auprès du bébé

C’est pourquoi une femme qui a mal vécu son accouchement doit le verbaliser à son enfant après la naissance. Par exemple, parce qu’elle a eu très mal ou encore très peur pour elle ou pour lui. Ce qui peut être le cas si la naissance a été entourée de morbidité : par exemple en cas de fausse-couche préalable ou du décès in utero d’un jumeau, ou encore si le bébé lui a été retiré précipitamment pour des soins en urgence. Poser des mots sur son ressenti, même si on a l’impression que son bébé ne comprend pas, est essentiel pour rassurer et déculpabiliser l’enfant. Il faut lui dire, très clairement, qu’il n’est pas responsable de la détresse de sa mère. Il faut aussi que celle-ci se rassure elle-même sur la bonne santé de son bébé. Faute de quoi, elle peut imaginer qu’il sera un enfant fragile, toujours malade, à protéger coûte que coûte. Ce qui peut l’amener à sur-réagir à ses appels, et donc à grever ses bonnes conditions de sommeil.

L’ostéopathie pour résoudre les tensions physiologiques

Par ailleurs, les naissances ayant nécessité des extractions instrumentales peuvent entraîner, plus que les autres, des tensions physiologiques généralement invisibles à l’œil nu, mais susceptibles d’entraîner une gêne ou une souffrance durable chez le nouveau-né. Un bébé que l’on aura parfois un peu rapidement, urgence oblige, accouché via des forceps ou des cuillères, peut ainsi souffrir d’un traumatisme plus ou moins important au niveau du crâne. Lequel peut le rendre douloureux, excitable, nerveux, avec davantage de mal à se détendre, et donc à s’endormir. Le forceps peut aussi provoquer chez l’enfant une légère asymétrie du visage, une plagiocéphalie (syndrome de la tête plate), un torticolis… A la clé, de possibles conséquences néfastes au sommeil, comme un reflux. Un bilan ostéopathique mené dans les premiers mois aidera à rétablir les équilibres entre le corps et la tête et apaisera sensiblement votre enfant.

Un accueil propice à favoriser le lien mère-enfant

Enfin, la qualité du sommeil du bébé, comme celui de son équilibre psychologique général, tient aussi aux conditions de son accueil, juste après la naissance. Dans son best seller publié en 1974, Pour une naissance sans violence, le docteur Frédérick Leboyer, le premier, a montré que le nouveau-né a besoin d’être accueilli dans une atmosphère tamisée et calme. Que s’il va bien, il doit être mis en peau à peau prolongé avec sa mère, pour pouvoir continuer à en respirer l’odeur sécurisante et en apprivoiser le sein à loisir. Même s’il naît par césarienne, il est fondamental que le nourrisson puisse être placé, dès que possible, sur sa mère (ou, à défaut, sur son père). C’est aussi pour maintenir l’odeur rassurante et familière du liquide amniotique qu’on ne donne plus de bain aux nouveau-nés à la naissance.

Autant de bonnes pratiques qui visent à préserver et favoriser la création du lien mère-enfant. Et qui sont désormais, heureusement, adoptées par la plupart des maternités. A la clé, une maman et son nouveau-né qui rentrent sereins à la maison. Et un bébé qui dormira d’un sommeil plus apaisé.

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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