Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
19 janvSanté

Simple, basique : pour dormir, le bébé doit avoir bien mangé

Pas besoin de connaître Orelsan pour savoir que certains principes tombent sous le sens. Mais ce n’est pas parce qu’ils tombent sous le sens qu’ils sont toujours faciles à appliquer.

« Et, repu, l'enfant s'endormit comme un ange. » Qu'on aimerait raconter cette histoire à chaque fin de journée du bébé alors que la nôtre - personnelle – peut enfin commencer. Pour y parvenir, observer les rituels du sommeil, qui commencent bien avant d'aller se coucher, sont nécessaires, discerner les signes de fatigue aussi, tout comme être à quai quand le train du sommeil passe. Et, bien sûr, s'assurer que son enfant a la peau du ventre bien tendu, l'insuline qu'il produit alors pour réguler son taux de sucre dans le sang favorisant la somnolence (comme les plus grands, après tout).

Mais comment être sûr qu'un être dont la parole passe essentiellement par le babil, les petits cris ou les pleurs est en état de satiété ? Tout simplement en observant la quantité du biberon ingurgité et ses réactions. S'il ne reste plus rien et que le bébé est dans un état légèrement comateux, il faut alors le mettre à la verticale le menton sur son épaule en attendant une quinzaine de minutes et quelques renvois avant d'aller le coucher. Ce timing révèle deux avantages majeurs : éviter qu'il ne régurgite allongé tout en lui faisant comprendre qu'alimentation et sommeil sont deux moments bien distincts de la journée. Logiquement, évitez que votre enfant ne s'endorme avec un biberon, même si votre fatigue et vos envies de liberté vous font parfois penser que c'est une idée du tonnerre.

Pour les mères qui optent pour l'allaitement, ça se complique. Comment être sûr que son enfant a correctement mangé et va s'assurer un long (enfin, façon de parler jusqu'à trois ou six mois) repos ? Et que ses appels une fois dans son lit ne sont pas le signe d'une faim inassouvie ?

Check list d'un enfant qui se nourrit bien (et donc dort bien) :

• Il ne doit ingurgiter aucun excitant : café, Coca-Cola, Red Bull, alcool, etc. Evitez donc ce genre de boissons, du moins tant que vous allaitez votre enfant. • Il réclame entre six et huit tétées par jour lors du premier mois. • Il a des selles et des urines fréquentes • Sa courbe de poids grimpe régulièrement (et non, vous n’avez pas besoin de le peser tous les jours si tout va bien, les rendez-vous PMI et pédiatres suffiront largement) • Il « avale » votre téton et toute son aréole et ne les « pince » pas. • Il déglutit de manière évidente. • Il ne claque pas la langue lors de la tétée. • Il ne s'endort pas au cours de son repas. • Il abandonne le sein de lui-même lorsqu'il a assez mangé. • A la fin de la tétée, vos seins sont souples et relâchés (un régal).

Si toutes ces conditions sont remplies, alors votre enfant a correctement mangé et peut entamer sa nuit (ou sa sieste) en toute sérénité. Un peu plus tard, à partir de six mois, lorsque son alimentation se diversifie, il est recommandé d'éviter certains aliments comme les viandes rouges, la banane, le chocolat, le chou et la tomate, réputés difficiles à digérer, avant d'aller se coucher le soir. Bon ap' !

Laurence Lebedinsky-Pollet
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