Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
18 janvSanté

Sommeil agité/sommeil calme : c'est quoi au juste ?

Ne vous y méprenez pas. Le sommeil du nouveau-né ne ressemble pas à un long fleuve tranquille.

On a beau l'avoir nous-mêmes vécu tout petits, impossible de s'en souvenir, habitués que nous sommes à chercher un peu de calme avant de nous laisser tomber dans un sommeil réparateur. Mais contrairement à nos cerveaux et nos corps d'adultes, le bébé de 0 à 3 mois a, lui, besoin d'une grande agitation pour s'endormir.

Plus incroyable : cette période de sommeil agité fait partie intégrante de son cycle de sommeil. Elle constitue même la moitié du temps où il dormira. Les symptômes de ce sommeil bizarroïde ? Il agite bras et jambes de manière fougueuse, sa respiration est irrégulière, quelques pleurs et cris s'échappent de sa bouche, son visage est animé de petits mouvements, il peut aller jusqu'à ouvrir ses yeux : c'est sa manière d'éliminer les émotions qu'il emmagasine pendant la journée. C'est aussi pendant ce sommeil agité que vont s'opérer la maturation du système nerveux, la mémorisation, la gestion des émotions et la transmission des comportements de l'espèce. Lors de cette période d'agitation, l'erreur est bien évidemment de confondre ses petits cris ou pleurs avec un réel mal-être (cris ou pleurs plus violents), de sortir l'enfant du lit pour le consoler et d'ainsi briser son rythme du sommeil.

Pour ce gros dormeur (de quatorze à vingt heures par jour par périodes de deux à quatre heures), la seconde partie de son repos se transforme en sommeil calme : il ne bouge plus, son visage se détend, ses muscles sont relâchés et sa respiration est calme. Seuls quelques petits mouvements de succion peuvent troubler cet état de béatitude qui va durer entre une et deux heures. Pendant ce sommeil calme, il récupérera pleinement de la fatigue et permettra à son organisme de se régénérer, tout en sécrétant de la prolactine, l'hormone de croissance, et en enclenchant la réparation tissulaire et cellulaire.

Soudain, encore étranger au rythme circadien, il réouvre doucement les yeux, gazouille, crie ou pleure éventuellement. C'est que le petit être a maintenant faim, ses réserves de graisse n'étant pas assez grandes pour le porter au-delà de cette limite. C'est à vous d'entrer en piste !

Propos recueillis par Alexandre Desnoyers

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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