Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
18 janvSanté

SOS : pourquoi mon bébé hurle-t-il tous les soirs ?

Le soleil se couche doucement et avec lui, votre bébé se réveille. Ou plutôt, le voilà qui se met à pousser des hurlements qui pourraient lui assurer une place de choix dans la programmation du festival Hellfest.

Pour sortir de ce cauchemard, vous avez (évidemment) mené en parents parfaits votre enquête sur ces cris démoniaques.

  • Courbe de poids : normale.
  • Diarrhées continues : absentes.
  • Ventre ballonné : non.
  • Reflux : le pédiatre vous a assuré que non.
  • Couche : jamais aussi bien ajustée.
  • Dents : à de très rares exceptions, il est encore trop tôt.
  • Température du nourrisson : avec ses 37°, rien à signaler.
  • Température de la pièce : le thermomètre affiche un idéal 19,5°.
  • Angoisse de la séparation : à cet âge, c'est impossible, du moins pas dans ces proportions.

Car ses crises de pleurs/cris durent tous les soirs entre quarante minutes et deux heures, transformant la maison en une cocotte minute qui rend tout le monde à cran, frustré, lessivé. Et le pire, c'est qu'il n'y pas grand chose à faire…

S'il peut montrer ses premiers signes au bout d'une dizaine de jours, le « pic de pleurs », ou « dysrythmie du soir », apparait entre un et deux mois à l'arrivée de la nuit, vers 17 heures l'hiver et 21h l'été. Elle ne touche pas tous les enfants mais peut durer plusieurs heures et même une partie de la nuit, laissant tout le monde démuni. Pourtant, l'enfant a passé une journée calme, sereine, a normalement mangé et enquillé ses siestes.

Entre deux hurlements, il cherche à téter, se console quelques secondes (ouf !) Puis repart de plus belle comme s'il était possédé, rejette violemment le biberon ou le sein. Plus stressant : certains se plient en deux dans des spasmes que l'on confond avec une douleur aigüe du ventre faisant craindre des coliques. Pourtant, il n'en est rien. Pire : bercements, comptines et autres légers massages l'enfoncent un peu plus dans sa crise. Mais que se passe-t-il ?

Ces manifestations qu'on appelle aussi « coup de lune », et que connaissent nombre de malades dans les hôpitaux, sont les premiers signes des phases normales d'hyperactivité et la mise en place de l'horloge biologique avec ses soubresauts, comme si le système d'éveil s'était emballé et n'arrivait plus à s'arrêter. Le plus gros danger ? Que les parents, à bout, secouent le bébé (le syndrome du bébé secoué peut entraîner des dommages neurologiques pouvant aller jusqu'à la mort). Les bonnes pratiques sont évidemment tout autres, même si elles ne sont pas garantes de succès : le laisser immobile dans l'obscurité sans intervenir (après avoir bien vérifié qu'il ne souffre pas de quelque chose), le promener dans un sac kangourou là aussi dans un lieu sombre (mais gare à vos tympans), le baigner en silence dans de l'eau tiède sans le savonner, l'accompagner dans sa recherche de sommeil sans lui parler et… s'armer de beaucoup de patience attentive et sereine.

Au bout de quelques semaines, ces crises de pleurs disparaîtront d'elles-mêmes : le bébé s'est adapté à son horloge intérieure, permettant à une famille outragée, une famille brisée, une famille martyrisée, de devenir une famille libérée !

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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