Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
20 janvSanté

Le bébé possède les ressources pour s'endormir tout seul

Bonne nouvelle : dès la naissance, le nourrisson est programmé biologiquement pour s’endormir seul. Mais parfois, cet endormissement peut être grevé par plusieurs éléments de son environnement. A commencer par une réaction trop rapide des parents à une agitation pourtant normale. Zoom sur les écueils à éviter.

Le sommeil est une nécessité vitale. Comme tous les mammifères, le petit d’homme porte dans ses gênes la capacité à alterner des périodes d’éveil et de repos. En théorie, donc, aucun souci à se faire sur la question : tout comme votre enfant ne se laissera jamais mourir de faim, il dormira lorsque son organisme le réclamera. A raison, en moyenne, de 16 à 20 h au cours du premier mois, de 15 h entre trois et six mois et de 14h à 1 an. La découverte de la vie extra-utérine : un vrai choc pour le nouveau-né Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples. Durant la grossesse, le fœtus vivait – et dormait - à l’abri du moindre besoin physiologique puisque nourri et bercé en continu. Le tout dans une température idéale (37 degrés) et dans un environnement sonore assourdi, rythmé par le son rassurant du battement du cœur maternel. En passant à la vie extra-utérine, le nouveau-né va devoir s’adapter à une foule de sensations nouvelles, parfois dérangeantes : un silence angoissant, ou au contraire des bruits trop forts ; la sensation de faim, de « trop chaud » ou de « trop froid », les problèmes digestifs (gaz, reflux…), l’inconfort d’une couche sale, etc. Sans parler de la disparition de l’odeur et du son du cœur maternels. En bref, un mini cataclysme sensoriel et affectif.

Besoins primaires satisfaits et sécurité affective Pour que le bébé parvienne à trouver le sommeil, il est donc impératif de s’assurer que ses besoins primaires sont satisfaits : qu’il a le ventre plein, qu’il a été changé, que sa chambre est à la bonne température. Mais aussi, de lui assurer un contexte fort de sécurité affective. A savoir un foyer calme, des parents sereins et l’assurance qu’ils seront là pour lui. Le bébé est une véritable éponge émotionnelle : s’il y a de la tristesse, de l’angoisse ou de l’énervement autour de lui, cela provoque en lui des vibrations d’inquiétude qui vont l’empêcher de plonger dans les bras de Morphée.

Respectez la phase d’endormissement, même si agitée Une fois ces préalables mis en place, il y a donc lieu de lui faire confiance dans sa capacité à s’endormir seul. Ce qui implique que lorsque, après la tétée ou le biberon du soir notamment, vous le reposez dans son lit, qu’il s’éveille et proteste, vous ne vous précipitiez pas pour le reprendre, en pensant qu’il est mal. Il est tout à fait normal qu’un bébé chouine ou s’agite 5 à 10 minutes avant de s’endormir : c’est un comportement physiologique, visant à l’aider à évacuer ses tensions de la journée. Dans l’immense majorité des cas, si vous n’intervenez pas, il s’endormira rapidement. Lui parler doucement, sans le prendre Si les pleurs se prolongent, par contre, pas question de le laisser hurler des heures. Il faut venir, lui poser la main sur le ventre ou sur le dos mais sans allumer la lumière ni le sortir de son lit, en lui parlant doucement : « Ne t’inquiète pas, tu vas y arriver, papa et maman sont là, il faut dormir maintenant », etc. On peut se relayer, à condition que les deux parents procèdent exactement de la même façon : le bébé a besoin de sentir que la façon d’être couché est la même chez ses deux figures de référence affective. Dans le cas où l’un des deux parents – souvent la mère, encore en fusion avec son bébé, notamment dans les premières semaines – est plus angoissé face aux pleurs de l’enfant, il est préférable de mettre en première ligne le parent le plus à l’aise avec l’idée de séparation.

L’accoutumer à la différence jour-nuit Il est bon également de s’attacher, très tôt, à marquer la différence nuit-jour. Une éducation importante, un bébé à terme ne commençant à faire cette différenciation qu’au bout de 6 à 8 semaines. Dans la journée, parlez-lui, jouez avec lui quand vous le changez, quand vous le nourrissez, ou encore portez-le face à l‘extérieur. Mais abstenez-vous de toute stimulation superflue en soirée ou de nuit. Laisser l’enfant trouver son rythme, cela veut dire aussi ne pas réagir dans l’immédiateté face aux micro-réveils agités, fréquents les premiers mois. Et le prendre, alors qu’il est seulement en phase de sommeil léger (paradoxal). Ce qui est le plus sûr moyen de le réveiller. Et de devoir tout reprendre à zéro !

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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