Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil
20 janv 2021Santé

Le bébé possède les ressources pour s'endormir tout seul

🕓 Temps de lecture : 2 minutes

👩‍⚕️ Article rédigé par : Dr Laurence Lebedinsky-Pollet

Bonne nouvelle : dès la naissance, le nourrisson est programmé biologiquement pour s’endormir seul. Mais parfois, cet endormissement peut être grevé par plusieurs éléments de son environnement. A commencer par une réaction trop rapide des parents à une agitation pourtant normale. Zoom sur les écueils à éviter.

Bébé peut s'endormir seul

♥️ Sommeil du bébé, nécessité vitale

Le sommeil est une nécessité vitale. Comme tous les mammifères, l'homme porte dans ses gênes la capacité à alterner des périodes d’éveil et de repos. En théorie, donc, aucun souci à se faire sur la question : tout comme votre enfant ne se laissera jamais mourir de faim, il dormira lorsque son organisme le réclamera. A raison, en moyenne, de 16 à 20h au cours du premier mois, de 15h entre trois et six mois et de 14h à 1 an.

🚼 Découverte de la vie extra-utérine

Les choses ne sont pas toujours aussi simples : la découverte de la vie après grossesse est un vrai choc pour le nouveau-né. Durant la grossesse, le fœtus vivait – et dormait - à l’abri du moindre besoin physiologique puisque nourri et bercé en continu. Le tout dans une température idéale (37 degrés) et dans un environnement sonore assourdi, rythmé par le son rassurant du battement du cœur maternel. En passant à la vie extra-utérine, le nouveau-né va devoir s’adapter à une foule de sensations nouvelles, parfois dérangeantes : un silence angoissant, ou au contraire des bruits trop forts ; la sensation de faim, de « trop chaud » ou de « trop froid », les problèmes digestifs (gaz, reflux…), l’inconfort d’une couche sale, etc. Sans parler de la disparition de l’odeur et du son du cœur maternels. En bref, un mini cataclysme sensoriel et affectif.

Besoins et sécurité affective : bébé peut dormir seul

Pour que le bébé parvienne à trouver le sommeil, il est donc impératif de s’assurer que ses besoins primaires sont satisfaits : qu’il a le ventre plein, qu’il a été changé, que sa chambre est à la bonne température. Mais aussi, de lui assurer (autant que vous le pouvez) un contexte fort de sécurité affective. A savoir, un foyer calme, des parents (au moins en apparence) sereins et l’assurance qu’ils seront là pour lui. On le sait : c'est plus facile à lire qu'à faire. Les surprises de la vie et le quotidien ne vont pas toujours faciliter ces conditions, mais vous en rapprocher le plus possible aura un effet positif sur votre bébé. Ne l'oubliez pas, il est une vraie éponge émotionnelle et ressent ce qu'il se passe autour de lui. Des ondes positives l'aideront à tomber dans les bras de Morphée.

💤 Respecter la phase d'endormissement

Une fois ces préalables mis en place, il faut que vous essayiez de lui faire confiance. Il sera capable, un jour, de s'endormir seul ! Le temps que cela prendra variera beaucoup selon les bébés, mais il est essentiel de lui donner votre confiance. Par exemple, après la tétée ou le biberon du soir, s'il s'éveille ou proteste directement après que vous l'ayez posé dans le lit, ne vous précipitez pas pour le reprendre. Ses cris ne traduisent pas forcément un besoin ni un mal-être. Il est tout à fait normal qu'un bébé pleure ou s'agite 5 à 10 minutes avant de s’endormir : c’est un comportement physiologique, visant à l’aider à évacuer ses tensions de la journée. Dans l’immense majorité des cas, si vous n’intervenez pas, il s’endormira rapidement.

Lui parler doucement, sans le prendre

Si les pleurs se prolongent, bien sûr, vous pouvez essayer de le calmer. Par exemple, vous pouvez poser la main sur le ventre ou sur le dos, sans allumer la lumière ni le sortir de son lit, et lui parler doucement : « Ne t’inquiète pas, tu vas y arriver, papa et maman sont là, il faut dormir maintenant ». Pour éviter l'épuisement, essayez de vous relayer au mieux si vous êtes deux. La condition ? Que les deux parents procèdent exactement de la même façon : le bébé a besoin de sentir que la façon d’être couché est la même chez ses deux figures de référence affective. Dans le cas où l’un des deux parents – souvent la mère, encore en fusion avec son bébé, notamment dans les premières semaines – est plus angoissé face aux pleurs de l’enfant, il est préférable de mettre en première ligne le parent le plus à l’aise avec l’idée de séparation.

L’accoutumer à la différence jour-nuit

Il est bon également de s’attacher, très tôt, à marquer la différence nuit-jour. Une éducation importante, un bébé à terme ne commençant à faire cette différenciation qu’au bout de 6 à 8 semaines. Dans la journée, parlez-lui, jouez avec lui quand vous le changez, quand vous le nourrissez, ou encore portez-le face à l‘extérieur. Mais abstenez-vous de toute stimulation superflue en soirée ou de nuit. Laisser l’enfant trouver son rythme, cela veut dire aussi ne pas réagir dans l’immédiateté face aux micro-réveils agités, fréquents les premiers mois. Ou le prendre, alors qu’il est seulement en phase de sommeil léger (paradoxal). Ce qui est le plus sûr moyen de le réveiller. Et de devoir tout reprendre à zéro...

Alors faites-lui confiance, et faites-vous confiance 😊

Laurence Lebedinsky-Pollet
Sage-femme spécialisée dans les troubles du sommeil

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