Alan
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21 avrTémoignage

Portrait - A la rencontre des héros du quotidien

Nous sommes allés à la rencontre de celles et ceux qui accompagnent au quotidien les seniors et personnes en situation de handicap.

Échange avec Alisson, auxiliaire de vie le matin pour Amabilis, infirmière l’après-midi.

2/ Photo by Kristopher Roller on Unsplash

Vous travaillez comme auxiliaire de vie chez Amabilis. Pouvez vous me dire quel est votre rôle actuellement et à quoi ressemble votre quotidien ?

Depuis 4 ans maintenant, chez Amabilis, je m’occupe d’un homme qui est en fauteuil roulant. Mon rôle est de l’accompagner et de l’aider pour sa toilette et les tâches ménagères du quotidien. Je lui prépare aussi ses repas.

Ce sont des tâches qu’il pourrait accomplir seul mais avec grande difficulté.

C’est pourquoi je suis un soutien dans son quotidien.

Bien sûr il y a certaines choses qu’il ne peut pas faire, comme se rendre à ses rendez-vous médicaux. Alors je l’accompagne en voiture et le ramène à son domicile.

L’aider, ce n’est pas toujours tout faire à sa place. Il est primordial pour une personne en situation de handicap de se sentir autonome dans la mesure du possible. Et c’est parce nous échangeons l’un et l’autre avec respect que nous tissons un lien très fort.

Qu’est ce qui a changé pour vous ces dernières semaines, depuis le confinement ?

La personne que j’accompagne a besoin d’aide au quotidien. Il est donc impossible pour moi de ne pas être présente ! Surtout lorsqu’il s’agit d’une personne qui est déjà fragile physiquement.

Je fais extrêmement attention à laver et désinfecter autant que possible mon environnement, encore plus lorsque je viens au travail en transport en commun. Quant aux gestes barrières, ils sont bien sûr indispensables mais ne peuvent pas être toujours appliqués quand il faut faire les soins.

Bien sûr, cela instaure une distance qu’il n’y a pas habituellement. Et il est important de faire comprendre à la personne que cet éloignement n’est pas voulu mais qu’il est nécessaire de le faire pour préserver sa santé.

Chaque jour, j’ai peur d’attraper le coronavirus et de lui transmettre. Pour moi c’est une angoisse au quotidien !

Vous occupez actuellement une place primordiale dans la gestion de cette crise sanitaire, est-ce que vous le ressentez ?

Le travail des auxiliaires de vie n’est pas assez reconnu !

Tout le monde devrait porter un masque et le manque se fait sentir. Heureusement étant aussi infirmière, je peux y avoir accès et mieux me protéger. Malheureusement ce n’est pas le cas pour la majorité des gens sur le terrain même si Amabilis met tout en oeuvre pour distribuer des masques de protection aux intervenants et bénéficiaires.

Il ne faut pas oublier que sans notre travail, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les personnes fragilisées sont en très grande détresse !

Par expérience je sais que les soignants sont applaudis chaque soir. Bien sûr, les professionnels de santé sont indispensables en cette période de crise, les auxiliaires de vie aussi !

Comment vivez-vous vos nouvelles responsabilités ? Vous fait-on faire de nouvelles choses ?

Je n’ai pas vraiment de nouvelles responsabilités. Tous mes collègues continuent de travailler, nous sommes toujours présents !

Par contre la personne que j’accompagne est habituellement suivie par un kinésithérapeute. Il doit faire des exercices pour ses jambes de manière régulière. J’ai donc dû prendre le relais. Je ne vous cache pas avoir été stressée de devoir m’improviser kiné mais finalement tout se passe bien !

Nous avons de la chance que son kinésithérapeute soit présent comme il peut. Il nous envoie des vidéos, instructions et méthodes pour que tout se déroule correctement.

Comment voyez-vous votre profession après le confinement? Pensez-vous qu’il y aura de profondes transformations ?

Sincèrement je ne sais pas s’il y aura de profondes transformations. Mais j’espère vraiment que le métier d'auxiliaire de vie sera davantage mis en valeur.

C’est une profession qui demande du mental, du courage, du coeur.

Il faut savoir mettre ses problèmes de côté lorsque l’on s’occupe d’une personne pour lui apporter de la joie. Notre métier est non seulement d’aider et de soutenir mais aussi de créer du lien !

Auriez-vous une jolie anecdote à me raconter ?

J’ai vécu un grand moment de joie il y a quelques jours !

La personne que j’accompagne a fait ses premiers pas récemment après 4 ans en fauteuil roulant ! Il fait de petits pas avec ses béquilles, c’est une énorme victoire ! Il recommence aussi à sentir de nouvelles sensations aux jambes, comme le chaud et le froid.

Est-ce que cette crise impacte votre famille? Et quelle est la première chose que vous aimeriez faire en sortant du confinement ?

Mon compagnon est sapeur-pompier donc nous ne vivons pas ensemble pendant le confinement, pour ne pas contaminer l’autre. Il est confiné en caserne et moi je suis à la maison. Mais c’est difficile pour nous d’être séparés. Sans parler du reste de la famille. Surtout que la solitude est compliquée, encore plus après de longues journées chargées. Lorsque nous avons appris que le confinement était prolongé jusqu’au 11 mai, c’était un coup dur. Pourtant c’est un mal pour un bien !

Mais nous sommes très présents les uns pour les autres, nous nous appelons régulièrement via Whatsapp.

La première chose que je souhaiterais faire après le confinement est bien sûr une grande fête pour que nous puissions enfin tous nous réunir ! Même s’il faudra encore rester prudent.

Merci Alisson pour cette interview et surtout merci pour votre dévouement et le travail que vous effectuez au quotidien.

Il est effectivement important de vous rendre hommage, de rendre hommage à vos collègues auxiliaires de vie mais aussi à tous ceux qui nous permettent de vivre le mieux possible ce confinement.

À vous merci !

Interview realisée par Barbara Constant

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